CHRONIQUES / BIOGRAPHIES

Pourquoi les artistes de Zouk et de Reggae Dancehall ne fonctionnent plus vraiment en France ?

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Les piliers…

Il faut d’abord savoir qu’avant de connaître la crise musicale actuelle pour les artistes de ces 5/10 dernières années, les artistes vétérans et limite Légendes du zouk tels que Kassav, Patrick SaintEloi, Tanya Saint-Val, et Zouk Machine pour ne citer qu’eux ont connus d’énormes succès en France. Ils enchaînaient les disques d’or et platines comme des petits pains, et rivalisaient même avec les artistes métropolitains. Qui ne se rappelle pas du classique « Maldon » de Zouk Machine qui s’est vendu à plus d’un millions d’exemplaires et est resté n°1 dans les charts pendant 9 semaines, du jamais vu !! Ils étaient les piliers et fondateurs du zouk , c’était la mode pendant les années 80, 90 jusqu’au 2000. Il y avait de l’originalité, le l’audace, de la qualité, une image soignée des artistes et surtout le public achetait, que ce soit les Antillais qui achetaient, car ils se sentaient proches de l’artiste ( c’est physique ça ne s’explique pas) ou les métropolitains qui voyaient débarquer ce raz-de-marée musicale sortit de nulle part surtout avec cette idée des îles qui représentent la plage, l’eau bleu, les tropiques ambiancé  sous un beau soleil : tout pour être charmé…

Les années 2000 : le début de la chute

Après l’euphorie des années 80, les années 2000 ont vu apparaître des artistes qu’on voyait un peu comme une relève des vétérans des années 80 tels que Perle Lama, Médhy Custos, Jane Fostin, Princess Lover ou encore Slaï pour ne cité qu’eux…Ils débarquent d’une certaine manière avec un nouveau zouk inspiré de Rnb, Reggae, Dancehall, et même Salsa. Le succès était déjà moindre mais toujours bien présent avec notamment Slaï, le  »Usher » des Antilles et son album de qualité  » Florilège  » qui s’est vendu à 300 000 exemplaires… Cependant, contrairement aux années 80, dans les années 2000 le Zouk n’est pas le seul genre musical qui débarque en France, en effet le Zouk Rnb de ces années se fait complètement écraser par le Rap et le Rnb venant des US notamment, car ils sont plus exposés que les antillais. Les gens, alors, ne retrouvent plus la magie du zouk des années 80 et n’en même pas envie de suivre la nouvelle génération de zouk qui ressemble beaucoup trop aux genres musicaux US. En effet, cette obsession des artistes antillais à vouloir, s’inspirer, voir, copier la culture US n’est pas mauvaise en soi, mais elle les enferme dans ce registre qui n’est pas le leur.

Le manque de soutien du public antillais.

Aujourd’hui beaucoup critiques les artistes de zouk et de dancehall a copié les Américains, la vérité est qu’ils veulent tout simplement répondre aux besoins de la France/Antilles. En effet, il y a depuis une obsession démesurée pour les Etats-Unis, les gens vont acheter, voir en concert et voir sur YouTube en masse, une Beyoncé, Rihanna ou Nicki Minaj mais vont cracher ou juste regarder le clip sur YouTube d’une Lynnsha, Fanny J ou même La Tchad. Ils veulent voir leurs artistes locaux explosés en France et à l’international, mais ne soutiennent pas, et se refusent à acheter leurs albums ou singles ; sachez que ce n’est pas parce qu’un artiste à deux millions de vues sur YouTube, qu’il vend en masse et se fait énormément d’argent. En effet, 1$ = 1000 vues, alors avec 2 millions de vues, il se fait 2 000$, ça doit couvrir à peine les dépenses du cameraman, les figurants, la location… Du coup, l’artiste qui ne vend même pas dou il vient, a beau avoir une fan base qui va regarder ses clips sur YouTube et mettre de nombreux J’aime sur Facebook, n’aura pas forcement de moyen pour vendre des disques en france, rien qu’à les mettre en place, c’est quasi impossible sans grand label. Même sur Itunes ça fait combien d’années qu’un artiste antillais n’a pas été numéro un même pour 5 minutes ? Même quand la qualité est présente et le prix abordable.

Tout n’est pas encore joué

Actuellement l’artiste antillais a toujours du succès sur scène, ils sont nombreux à faire des festivals, des show cases , des concerts et même des tournées sur plusieurs semaines. C’est énorme !!! C’est-à-dire que d’une certaine manière les gens répondent toujours présents et donc certains artistes arrivent à se maintenir. Cependant, on ne peut pas toujours blâmer le public à ne pas soutenir, il faut que les artistes fournissent également de la qualité ! Pourquoi j’achèterai l’album d’un gars qui pour le vendre sortira un single pourrit avec cinquante fois les mêmes paroles et une succession dans le clip de clichés américain. Enfin donc, ça devient donnant donnant, la qualité doit être présente et le public doit soutenir quand il aime. L’art est une œuvre qui s’admire et se contemple et qui donc a une certaine valeur, alors elle doit être monnayée pour la consommer

#AllanTPMS

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(14 commentaires)

  1. Beaucoup de choses ont été dites, certaines vraies et d’autres qu’il faut tout de même corriger.
    Dans le mot artiste, il y a le mot « Art ». Soyons franc, peut on associer les 90 % du zouk produit aujourd’hui au mot Art ?
    Comprenez moi bien, l’Art n’a pas besoin d’être élitiste, compliqué ou très évolué, il a principalement besoin d’être authentique, honnête et renouvelé.
    Pensez vous que c’est le cas en ce moment ?
    Le public antillais n’est pas meilleur ou moins bien qu’un autre, il répond présent quand la qualité est là.
    C’est la raison pour laquelle il adore tant les nouveaux acteurs de la musique haïtienne qui eux, ont réussi à renouveler le genre musical, sans le dénaturer. C’est d’ailleurs pour cela que l’on voit fleurir dans tous les morceaux de zouk, des séquences entières de style kompa, histoire de gagner en authenticité et de faire adhérer le public.

    Quand on écoute de la salsa, on est immédiatement plongé à Cuba ou Portorico, le dancehall c’est la Jamaïque en 10 secondes, l’Afrobeat c’est une immersion instantanée dans le grand Afrique.
    Mais en écoutant le zouk radio, où sommes nous transportés ? 🙁
    Tous ces pseudos artistes qui font des vibes à l’a américaine tout les 3 mots, souvent, avant même que le chant n’ai commencé, sont en train de tuer le zouk.
    Le chemin a été tracé au départ par les personnes citées dans cet article, Kassav, T.St Val, Gilles Floro…., certains ont même pris la suite par ce qu’il y a de l’espoir, par exemple, Victor O, Fuckly, et autres…dans des styles différents.
    Mais au fil du temps, les ordinateurs et les cours d’informatiques ont remplacer les musiciens, la facilité a pris le pas, la musicalité a donc disparu, on confond Zouk avec Variété française, Pop, ou encore R’nB américain. La création n’est plus qu’un alignement de copier/coller de boucles de sons synthétiques, auréolées par ci par là d’un instrument réel pour pour faire un peu « Vraie ».
    Les paroles en français ont chassé le créole, c’est ainsi que par exemple Slaï a vidé tout le charme antillais de ses succès originels et quels succès, je m’en souviens encore, pour livrer un album « Florilège » de chansons revues et corrigées à la mode européenne, sans doute l’a t’il fait pour le fric. On pourrai en dire autant, de Jane Fostin, de Joelle Ursull, Medhi Custos, Thierry Cham etc ….
    Imaginez deux secondes ce que serait la Salsa, la Batchata, le Merengue, le Reggae Dancehall, la Soul music, s’ils avaient suivi le même chemin que le zouk !!!
    Le résultat de tout cela, est un désintérêt général du public antillais pour le zouk, qui d’ailleurs, ne dépayse même plus les non antillais.
    Ce dernier point est très important, parce que le dépaysement attire, c’est ce qui a fait le succès sur les 5 continents et la richesse des membres KASSAV, Zouk Machine ou encore Francky Vincent dans une moindre mesure et qui a permis de financer la production musicale antillaise.
    Enfin, sur les cendres du zouk, poussent malgré tout avec succès, des héritiers du zouk, comme la KIzomba, dont on peut penser ce que l’on veut, mais à qui on ne peut que reconnaître le succès culturel et médiatique.

    Alors acteurs de la musique antillaise, reprenez vous et nous reviendrons, pas l’inverse.

    1. Toute passion mise a part, le zouk n’existe que de nom. Zouk (beton) a ete une tentative de creer une musique originale mais trop rapide, il ne fit pas long feu.
      En ce qui a trait aux groupes cassav, zouk machine, artistes Erick Virgal, Ursule, Tanya St val et autres, il est a se rapeler que leur musique repertoire est de 90% COMPAS. Le zouk ne fait pas dancer; Les Antillais dancent le compas. Il faut que les antillais fassent plus d’effort s’ils veulent vraiement creer une musique originale. Et je doute que c soit une tache facile vue l’importance du compas dans la culture antillaise depuis les annees 50s. Apres tout en depit de l’importance donnee au mot zouk la dance demeure toujours compas.

  2. Le Zouk est mort les amis ouvrez les yeux … il n’y a plus que du zouk love édulcoré … photocopier à l’infini , dénaturé, sans le coté sex et sexy qui attire les foules venales, il n’y a rien d’artistique comme parfaitement dit plus haut.
    Sans parler que pour pouvoir séduire le publique métro il faut que la cohérence avec la réalité existe. Et non pas servir du « counia maman’w blan’an » aux touristes venu à la découverte de notre culture. Cohérence.

  3. Les artistes Antillais s’identifient aux Rap Us car au fond les antillais ont les mêmes racines que les afro-américains. Donc qu’ils fassent la même musique, ce n’est pas étonnant selon moi, pareille pour les jamaïcain (nous venons des mêmes bateau..).
    Mais je reste quand même d’accord dans le sens où nous avons notre propre culture ; pour moi on ne copie pas leur musique car nous somme de la même famille, mais OUI on copie peut être leurs idées (c’est pas pareil).. Faudrait garder notre pureté et faire nos propres idées.

    De plus, je souhaite dire que la fautes n’est pas aux artistes. La faute est au public et SURTOUT aux aux médias. Comment pouvons nous continuer le travail « des piliers » si leurs travail n’est diffusé/transmis/camouflé? Toutes nos chaînes télévisés nous bourrent de programmes métropolitains, où trouver des programmes qui transmettent notre musique? notre culture? Les radios nous passent que de la musique américaine et métropolitaine à part « NOSTALGIE » que je big up. Et le publique ne fait rien pour changer ça, au contraire…

    Enfin bref, votre article est très intéressant mais je pense qu’il y a certains problèmes qui vous faudrait mieux analyser, afin de trouver les bonnes solutions. Nous sommes moins écouté en France peut être, mais cherchez LE VRAI POURQUOI DU COMMENT.

  4. Le zouk ne marche pas car il est trop sectaire . Le problème des Antillais c’est qu’ils veulent se dissocier d’une France qui est leur pays, donc quand ils font du zouk ils pensent tout de suite  » en pa ka fait zouk pou blan la .  » mais pou nèg caraibe . Mais le probleme , c’est que aucun endroit des autres pays de la caraible n’écoute le zouk . Ce sont des anglophones , donc ils écoutent le Reggae ou le RnB . Le zouk a été communautarisé , sectarisé et meme racialisé par les antillais eux meme car ne voient pas plus loin que leur nez . Le Blanc , ne fait t-il pas partie du même PAYS que les chanteurs de zouk ? Aux Était-Unis le problème ne s’est pas posé . Le rap aux USA n’appartient pas à une couleur , il le fut au début , mais apres les blancs ont commencé aussi a faire du rap . Le rappeur Eminem en est la preuve . Quand est ce nous allons voir ce phénomène en France ? Si ce phénomène se fait les noirs diront  » Blanc la ka volé kilti an nou , La culture domienne n’est-elle pas Française également ? Il faut évoluer un peu .
    Le Viet zoukeur est entrain de se faire lynché pour avoir chanté le zouk . Le zouk serait il une secte ?. Une secte fini un jour par disparaître , Pourquoi ne pas faire du zouk avec des continentaux qui sont autant francais que vous ? . Le rap a réussi car les USA ont su entraîner toute l’Amérique dans le Rap . En Guadeloupe on veut réserver le zouk à une couleur . Non , le zouk n’est pas aux Caribeens car à part les Antilles-Francaises , aucun autre endroit n’écoute le zouk . Le zouk est Francais et c’est dans cette entité qu’il évoluera . Le zouk a été sali par la facon certains le dansent , et beaucoup de continentaux ont déploré cette vulgarité et ont préféré les autres danses plus saines ,

  5. Le zouk est mort car copié sur le compas . Les Guadeloupeens se sentent plus Haitiens que Francais . Le zouk est une musique récente , musique commerciale qui ne reflète pas la Guadeloupe en réalité . Faudra revenir à la vraie musque de la Guadeloupe . Introduire le quadrille , la biguine et entrainer la France entiere et non les noirs du monde .

  6. Cela ne m’empêche pas d’apprécier d’autre genre musical et de les respecter. Cependant je suis de la génération zouk .C’est trop facile pour des arrivistes de dirent du n’importe quoi.
    Danser du zouk n’est pas une question d’Age mais parler du zouk OUI c’est une question D’Age A MEDITER

  7. Bonjour à tous. Je reviens 2 ans apres pour lire les nouveaux avis sur le sujet.
    C’est très intéressant de lire tout ça.

    J’ai noté deux ou trois choses qui méritent des précisions.

    Que le zouk hérite du Kompa dans la musique et dans la danse, ce n’est pas une nouveauté, on le sait tous et d’ailleurs, le zouk rend très souvent hommage au Kompa.
    De la meme manière, le reggaeton hérite du ragga qui lui-même hérite du reggae qui hérite du ska, ou encore, le rnb hérite du gospel qui hérite du negro spiritual. Est ce que tous ces genres musicaux sont illégitimes ?!! Non je ne le pense pas, par conséquent, le zouk à toute sa place.

    Pour ce qui est du côté sectaire des Antillais (je précise parce que Mélanie a fait une fixette sur les Guadeloupéens, je ne sais pas pourquoi !!), je dois dire que je ne comprend pas le raisonnement.
    Le monde est venu chercher le reggae Jamaïcain, s’est abreuvé de la Salsa Cubaine, de la Samba brésilienne et ça a été aussi le cas du zouk. Alors pourquoi faudrait il aujourd’hui que le zouk se dénature pour s’adapter à un pays en particulier là où globalement les autres genres ne font pas ce type de compromis ?
    A aucun moment il n’a s’agit de se dissocier de la France, à moins de penser par exemple, que la salsa se chante en espagnole pour se dissocier de la France. Ce type de raisonnement n’a ni queue ni tête.

    Les Antilles c’est France, Mais une France qui a des realités culturelles, historiques et géographiques qu’on ne peut pas nier et qui font des Antilles Françaises cette chose complexe qu’on ne pas appréhender à coup d’idées courtes comme c’est trop souvent le cas autour de nous, exemple ici, dixit Mélanie. Mais ca, c’est un autre débat, dommage que ça vienne troubler le sujet initial.
    Pour rappel, la munique est riche de ses différences, par conséquent différences il doit y avoir pour qu’elle continue à nous ravir et créer des ponts.

  8. Internationalisé notre Zouk, le groupe Philing en a compris l’extreme nécessite, et met à sa façon une pierre pour construire l’edifice !!
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